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Rouen Métropole : au Sud de la Seine

La Chapelle Saint-Julien du Petit-Quevilly
Quand Rouen était anglo-normande ...

Henri II Plantagenêt fonde le manoir du Petit-Quevilly…

Vers 1160, Henri II roi d’Angleterre et duc de Normandie, époux d’Aliénor d’Aquitaine, fait construire cette chapelle privée de  style roman, près de son manoir de chasse alors situé dans la forêt du Rouvray. La dynastie Plantagenêt domine en effet un vaste territoire qui va de la Normandie à l’Aquitaine, soit tout l’ouest de la France, et y séjourne fréquemment. À ce titre et sur le sol français, il est le vassal du roi de France, mais cette vassalité est assez théorique …

La chapelle, aux dimensions assez modestes, est de style roman anglo-normand, avec des fresques sur les voûtes du transept, de belle facture. Une Vierge en majesté occupe la partie centrale de la voûte d’ogives gothique, entre la nef et le chœur, et la fresque relate les épisodes de la vie du Christ. De riches couleurs sont utilisées à base le lapis-lazuli pour les bleus et d’autres matières tinctoriales, pour les autres couleurs.

La nef qui occupe tout l’espace interne est construite en pierre de Caumont, les arcs en plein cintre sont ornés de sculptures géométriques, et les chapiteaux de motifs végétaux.

… Puis le quitte, accaparé par les affaires du royaume d’Angleterre

Henri II décide en 1183 d’offrir son manoir et la chapelle attenante à une communauté religieuse qui se donne pour vocation l’accueil de jeunes femmes atteintes de la lèpre. À cette occasion, elle est placée sous la protection de Saint Julien l’hospitalier, martyr chrétien mort en 304. Elle accueille ensuite les malades de la peste. En 1600, elle passe aux mains des bénédictins puis des moines chartreux, jusqu’à la Révolution française. Elle est vendue comme bien national en 1793. Par chance, elle n’est pas détruite et héberge une colonie de jeunes détenus au milieu du 19e siècle.

Fresque de la Vierge  en majesté, peinte sur la voûte du chœur.

La légende de saint Julien l’Hospitalier (patron des des charpentiers, des passeurs et des hôteliers) a fait l’objet d’une large diffusion dans l’occident médiéval. Elle a aussi inspiré Gustave Flaubert (Les trois contes).

En 1895, devenue propriété de la commune du Petit-Quevilly, la chapelle est classée Monument historique et son état de vétusté justifie la restauration entreprise par l’architecte Louis Sauvageot (qui a conçu le Musée des Beaux-Arts de Rouen). Ce dernier, élève de Viollet-le-Duc, entreprend une reconstruction très complète  comprenant les contreforts extérieurs, l’ouverture de baies dans la façade pour gagner en lumière …). Le bâtiment est voué au culte catholique jusqu’en 1960. Une deuxième restauration est entreprise et, en 1983-84, la fresque de 56 m2 est entièrement déposée et restaurée.

Un beau sauvetage de ce joyau du patrimoine européen caractéristique de ce moment européen, français et anglo-normand. Dans l’agglomération de Rouen, prise de passion pour le gothique, il est un des rares vestiges de l’art roman.

Référence

https://www.petit-quevilly.fr/decouvrir-la-ville/patrimoine-et-histoire/histoire/la-chapelle-saint-julien

Y aller

Métro léger, arrêt Saint-Julien

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