Parcours européens à Rouen

Centre Historique de Rouen Rouen Métropole : au Nord de la Seine

La Seine, voie fluviale européenne (I)
Le barrage et les écluses de Poses, maillon de l'axe fluvial HAROPA/EUROPA

Un maillon essentiel de l’axe de transport fluvial Le Havre-Rouen-Paris.

Une barge à conteneurs de gabarit européen. 118 000 boîtes/an remontent la Seine jusqu’à Genevilliers, port de Paris.

À vingt kilomètres de Rouen par la route, le barrage de Poses est le premier sur le cours montant de la Seine, à 160 km de l’embouchure, depuis la destruction du barrage de Martot quelques kilomètres en aval. Il se trouve à la cote PK 202, c’est-à-dire à 202 km de l’île de la Cité.

Long en tout de 235 m, il comporte une centrale électrique, installée en 1991 avec sa passe à poissons, une autre passe plus récente, et deux écluses, une troisième ayant été comblée il y a quelques années.

Le barrage proprement dit retient l’eau sur une hauteur de 5 à 8 m, selon les saisons, son rôle étant de réguler le débit de la Seine pour y permettre le transport fluvial. Il est le dernier des 7 barrages de régulation entre Paris et la Manche ( en remontant la Seine : Notre-Dame-de-la-Garenne, Méricourt, Andrésy, Bougival, Chatou et Suresnes). Le niveau de la Seine, qui est d’environ 26 m à Paris se trouve quasiment au niveau de la mer en aval du barrage, et la marée s’y fait sentir, avec 2 m de marnage.

L’avenir du transport en Seine à l’heure du plan vert européen (2021-2027)

Un convoi de vrac en remontée de Seine

Vers 1824, 150 000 tonnes de marchandises transitaient entre Paris et Rouen par le fleuve, contre 25 000 par la route, soit plus 80 %.

Le défi actuel est de développer un transport fluvial encore modeste ; aujourd’hui la Seine ne traite plus qu’une faible part de l’ensemble d’un trafic devenu essentiellement routier. Elle transporte surtout des céréales, des matériaux BTP (ciment, remblais, matériaux de démolition …), du pétrole et du charbon, des automobiles, et bien sûr des conteneurs.

1400km de réseau navigable et 450km à grand gabarit. Pour passer à la norme européenne, il faut ajouter le maillon manquant : le canal Seine-Nord.

Le transport  de conteneurs devrait être d’autant plus encouragé qu’il permet de réduire la production de CO2 et les multiples nuisances du trafic routier : une seule péniche, qu’elle soit de vrac ou de conteneurs, c’est l’équivalent de plusieurs dizaines de camions, avec une consommation moyenne de 1 litre de carburant par tonne et par 100 kilomètres, soit jusqu’à quatre fois moins qu’un camion.

Le chiffre de 21 millions de tonnes de marchandises transportées annuellement sur l’ensemble du cours de la Seine devrait donc être fortement augmenté, avec des effets très positifs sur l’environnement.

C’est dans ce sens que peut être développé le corridor HAROPA (Le Havre, Rouen, Paris unifient leurs moyens logistiques en juin 2021), qui crée une unité de transport fluvial et multimodal sur l’axe Seine, avec à terme un canal à fort gabarit Oise-Escaut qui le relierait au grand réseau fluvial du nord de la France et l’Europe, par la Meuse et le Rhin. Cette mise à niveau des capacités de transport  exigera de forts investissements.

Du halage au pousseur à conteneurs : histoire du lieu

Avant l’installation d’un barrage, le courant rendait le passage de la boucle (méandre) de Poses particulièrement difficile. Il fallait multiplier le nombre d’hommes ou de chevaux de halage pour passer ce pertuis (rétrécissement), et les communes de Poses et de Pîtres fournissaient de nombreux haleurs et charretiers qui menaient des « chevaux de rivière », rustiques, souvent de souche cauchoise, dressés pour ce travail dangereux. C’était un animal coûteux, à tel point que le charretier était autorisé à sectionner le câble de traction du bateau en cas de danger pour son attelage.

De plus, le franchissement de ce pertuis d’environ 3 km mais de 1,40 m de dénivelé, source de courants violents, était impossible en période de crue (plus de possibilité de halage) et de basses eaux, quand la profondeur du lit pouvait s’abaisser à 50 cm. Il n’était donc franchissable qu’environ six mois par an, et les frais de franchissement étaient cinq fois plus élevés à la remonte qu’à la descente. Il fallait en effet multiplier le nombre de chevaux (de 24 à 46 chevaux pour les bateaux montants) mais aussi des hommes pour les manœuvres : changement de rives des cordes, des bateaux, des hommes : 8 changements sur 3 km, alors que sur l’ensemble du trajet Rouen-Paris il en fallait 50 en tout.

Vitrail de l’église de Pont-de-l’Arche.  photo A. Launay

Au 19e siècle, la navigation à vapeur et la construction d’un barrage/écluses facilite grandement la remontée qui reste cependant difficile. Le touage (remontée de convois de péniches grâce à une chaîne mouillée dans le lit du fleuve, à laquelle s’accroche le remorqueur pour se tracter) remplace le halage.

Chemin de halage en amont de l’écluse, rive gauche, sur lequel se trouve le musée de la batellerie fluviale, à Poses.

Poses était un important centre de batterie fluviale. Les bateliers résidaient le long du chemin de halage, sur les berges de la Seine.

 

 

 

 

 

Sources

 

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1 Comment

  1. Merci très intéressant…le barrage et les écluses de Poses ont constitué un lieu d’éducation…mon père originaire d’Alizay,né à Igoville au bord du canal..1911..

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